Mediator, les victimes demandent des comptes au laboratoire Servier

Ce mardi 11 janvier 2011 à Paris, les victimes du Mediator présentant des troubles cardiaques, d’essoufflements et de fatigue ont témoigné de leurs souffrances et viennent de déposer plainte contre le laboratoire Servier.

À l’origine le Mediator était prescrit pour des patients souffrant de diabète, mais en 1976, le fabricant pharmaceutique Servier l’offrait aussi en coupe-faim pour les personnes en surcharge pondérale. Depuis le Mediator avait été retiré de plusieurs pays européens alors que l’Afssaps n’a pris la décision qu’en novembre 2009 après le cri d’alarme du Docteur Irène Franchon dénonçant les risques cardiaques liés à la prise de ce médicament en 2008.

Un numéro vert a été mis à la disposition des patients ayant pris du Mediator et ce mardi plusieurs sont venus témoigner de leurs souffrances. Nadine Godafleau, âgée de 66 ans est aujourd’hui venue témoigner devant l’association des victimes de l’isméride et du Mediator en déclarant « J’ai pris Médiator durant 10 ans, jusqu’à son interdiction », je ne l’ai pas pris pour des raisons de diabète, mais pour triglycérides que j’avais un peu trop élevé, mais cela ne m’a pas fait spécialement maigrir « . Inquiète après la mise en garde de la prise du Mediator, Mme Godafleau est allée passer une échographie cardiaque et « C’est là que j’ai vu une fuite aortique ». « Je viens témoigner pour les gens qui sont atteints gravement, pas pour obtenir de l’argent » ajoute-t-elle.

Un autre témoignage suit, c’est une mère de famille diabétique qui a du prendre pendant un an et demi du Mediator prescrit par son médecin. Elle n’a jamais été informée des risques par son médecin. Depuis le retrait du Mediator, Fathia Bridjia est hospitalisée après la découverte des irrégularités cardiaques et déclarait « J’étais toujours fatiguée, on croyait que c’était de l’hypertension mais on a trouvé que c’était un problème de valve cardiaque ». « J’ai des preuves que c’est le Mediator, mon médecin a fait des attestations ».

Une autre maman dont la fille est décédée le 24 décembre 2010 et son ami sont venus à leur tour pour déclarer que Nathalie était traitée pour des problèmes de triglycérides et elle n’était ni obèse, ni diabétique. Son ami déclarait « Pour elle, cela a été une bombe à retardement », Nathalie a subi d’urgence une greffe du coeur qui n’a pas pu la sauver. « Dès qu’elle a eu des problèmes de coeur, on a mis le doigt sur le Mediator. Le médecin a fui, c’est à l’hôpital que le diagnostic a été fait ».

Pour le Dr Dominique-Michel Courtois, président de l’association Avim, les cas se multiplieront et les complications qui ne sont pas découvertes aujourd’hui risquent d’apparaître dans les prochains mois voire les prochaines années chez d’autres patients.

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